Le profond ancrage des métiers traditionnels, à travers toutes les régions d'Algérie, n'a pas été suffisant pour leur donner le développement économique espéré. Les causes de cette stagnation sont nombreuses, alors que le secteur demeure un gisement de croissance économique et grand pourvoyeur d'emplois. Parmi les obstacles à la relance de ces métiers, on observera notamment l'absence de statut social de ce corps de métiers, et le manque d'intégration du secteur, à l'économie nationale.
Cependant, un nouveau regard a permis aujourd'hui de considérer les métiers traditionnels, comme des entités créatrices de richesses, au même titre que les autres entreprises économiques. Ainsi, depuis quelques années, les pouvoirs publics tentent d'apporter les aides nécessaires afin que ces activités trouvent leur place dans une économie désormais ouverte sur le monde et à la modernité.
Il est aussi nécessaire d'observer la spécificité de ce secteur quant à son évolution future.
Il s'agit d'une activité économique très dépendante de nos cultures et de nos traditions et qui est restée trop longtemps une « affaire parentale » où le savoir faire devenait de fait un héritage à transmettre à qui le souhaitait au sein de la famille. Ces métiers, qui représentent nos cultures et nos traditions, continuent encore, à échapper aux nombreux dispositifs de transmission des connaissances, au risque même de voir disparaître des pans entiers, d'un art au sein duquel s'identifient de nombreuses communautés nationales.
C'est pour promouvoir les activités de l'artisanat en Algérie et laisser toujours apparentes ces empreintes de notre société traditionnelle, que « les Journées de l'Artisanat » sont régulièrement organisées par l'ANART. La nouvelle dynamique de développement du secteur, que voudraient créer ces rencontres, porte justement sur le développement des ressources humaines, à travers la formation continue des artisans, leur accompagnement dans le domaine de la créativité et de l'innovation.
Les « Journées de l'Artisanat » consacrent un moment de réflexion, sur les moyens à mettre en oeuvre, afin d'améliorer les qualifications des artisans et développer leurs compétences.
Des spécialistes du développement humain et de l'artisanat, pourront ainsi apporter aux participants les éclairages nécessaires sur les démarches les plus pertinentes et les moyens les plus efficaces afin de consolider ce savoir faire ancestral qui traverse l'ensemble des régions de notre pays et le transmettre aux futures générations pour l'entretenir et le faire évoluer et enfin le consacrer comme patrimoine national.
Présentation des journées d'étude du 05 et 06 mars 2008
A l'occasion du 14ème Salon International de l'Artisanat Traditionnel, qui s'est déroulé à la SAFEX, pavillon central, du 03 au 09 mars 2008, plusieurs manifestations ont été organisées par l'ANART:
une présentation, dans le cadre d'une Médina, des produits de l'artisanat traditionnel. Il faut rappeler que le choix du concept de «Médina» a été fait afin de créer un cadre exceptionnel d'échanges entre les artisans, reproduire la réalité de nos villes, par l'installation de quartiers de métiers de l'artisanat traditionnel, permettre aux visiteurs de faire une visite conviviale et choisir des produits qu'ils souhaitent acquérir tout en observant parfois leur fabrication.
l'exposition et la vente des produits de l'artisanat provenant des pays arabes, asiatiques et africains;
la sensibilisation et une meilleure connaissance des métiers et des produits de l'artisanat, à destination des écoliers, des touristes, des institutions d'accompagnement, et une visite guidée dédiée aux femmes des diplomates installés dans notre pays;
deux journées d'études et de réflexion sur l'évolution de l'artisanat et les moyens de son intégration au développement de l'économie nationale.
Les deux journées d'étude ont été marquées par la présence de deux ministres, celui de la PME et de l'Artisanat et le ministre de la Formation et de l'Enseignement Professionnel, qui ont fait l'ouverture solennelle et à cette occasion, ont scellé leur coopération pour intensifier les progrès déjà réalisés dans le domaine de la formation, par la signature d'une convention cadre sur la formation continue.
Cette rencontre a aussi été relevée par la présence d'experts de haut niveau, étrangers et nationaux, invités à cette occasion pour communiquer, aux nombreux invités, participant à cette rencontre, les nombreuses expériences réalisées dans ce secteur d'activités et leurs profondes connaissances de l'artisanat traditionnel.
La thématique choisie et qui a marqué les deux journées d'étude a porté sur «le développement de l'artisanat et la promotion des échanges extérieurs».
Aussi, plusieurs dimensions ont été abordées par les intervenants, à travers leur communication, qui ont fait l'objet de débats, parfois très passionné.